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CES 2021 : focus sur les tendances de demain

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Visuel Article CES 2021 OEIL DE risingSUD

Du 11 au 14 janvier dernier, s’est tenu comme chaque année le plus grand salon mondial de l’innovation technologique : le Consumer Electronics Show, plus communément appelé le CES. Loin de l’habituelle agitation de Las Vegas, les acteurs de la tech se sont pour la première fois retrouvés en visioconférence, pandémie oblige. Pas de quoi faire peur à ces précurseurs de la tech, même si les interactions ont évidemment été plus difficiles dans ce contexte.

risingSUD y était et vous propose aujourd’hui le décryptage d’un échantillon de conférences sur les thèmes de la santé numérique et de la mobilité du futur.

  1. La santé numérique

Avec la pandémie de la COVID-19, c’est tout le milieu médical et hospitalier qui a été bouleversé et les nouvelles solutions de santé numérique ont connu un fort engouement et se sont retrouvées sur le devant de la scène. La digitalisation des soins médicaux, la gestion des données qui en découle ainsi que les questions de vie privée et de transparence se sont retrouvées au centre de l’attention lors du CES version 2021.

Ces nouvelles manières d’appréhender la santé permettent de répondre aux problèmes majeurs que suscitent le secteur. Aloha MCBRIDE, Global Health Leader à Ernst & Young (EY), met en avant le coût trop élevé des soins et leur accès inégal selon les pays.  Elle illustre son propos avec un chiffre : l’espérance de vie dans les pays les moins développés est en moyenne de 62 ans contre 81 ans dans les pays développés. Si la pandémie actuelle a mis en lumière les lacunes des systèmes de santé des pays du monde entier, Randy KELLOG, PDG de Omron Healthcare, affirme qu’elle a aussi obligé ceux-ci à se tourner vers de nouvelles solutions comme la télémédecine. L’autre perspective d’avenir pour le secteur c’est l’usage de l’intelligence artificielle (IA) qui, comme l’explique Kerry HARESIGN, Directrice de Technology & Standards, permet un abaissement des coûts et une amélioration du traitement des patients.

Le futur de la médecine est axé sur le numérique, et le CES a donné un coup de projecteur sur certaines entreprises particulièrement innovantes dans le secteur.  Ashley TUAN, Vice President Medical Devices de Mojo Vision a présenté une lentille de contact connectée. Cette dernière affiche via un écran miniature des images ou du texte au centre du champ de vision pour décrire à la personne l’environnement dans lequel elle se trouve.

Charles FISHER, expose la technologie « Digital Twin » qui, selon lui, va révolutionner les essais cliniques qu’il juge « trop longs et trop coûteux ». Cette technologie combine l’apprentissage automatique (permis par l’IA) et l’usage de données pour diviser par deux à la fois la durée des essais et le nombre de patients testés.

Parmi les innovations médicales présentées au CES, on retrouve aussi celle pensée par Brainworks pour mesurer les symptômes de la COVID-19. Selon Philip ALVELDA, le PDG de la société, la technologie « permet de mesurer automatiquement vos signes vitaux à l’aide de l’appareil photo de votre téléphone » et vous propose un questionnaire complémentaire diagnostiquant vos symptômes. Le PDG souhaiterait par la suite utiliser cette technologie pour fournir un « pass santé » donnant l’accès ou non à des lieux partagés tels que les entreprises ou les écoles.

Toutes ces innovations présentent un fort intérêt mais nécessitent l’utilisation des données de santé des patients. Dr Bettina EXPERTON, PDG de Humetrix, vante la télémédecine mais rappelle qu’elle se fait souvent en interaction avec un médecin qui ne connaît pas le patient. Elle ajoute : « plus les données partagées avec ce médecin seront nombreuses et précises, plus il sera en mesure de prescrire le traitement adapté ». Les innovations mentionnées ci-dessus fonctionnent grâce aux données et les difficultés gravitant autour de ce sujet sont nombreuses. Selon Pat BAIRD, Regulatory Head of Global Software Standards chez Philips, une difficulté essentielle et propre aux données médicales réside dans leur qualité. Il explique que chaque donnée est biaisée et que pour qu’elle soit valable et utilisable, il est primordial de savoir comment, quand et sur quel patient elle a été extraite.

Chirstina SILCOX, travaillant au département de santé numérique au Duke-Margolis Center for Health Policy le dit clairement : « les données c’est compliqué pour l’instant ». Krishna CHERIAT, Head of Digital, Data and Analytics à Zoetis, précise que les fuites de données ont provoqué une défiance croissante de la part des citoyens envers les nouvelles technologies. Les données sont au cœur du progrès médical et leur partage, leur stockage et leur utilisation nécessitent de multiples améliorations.  Certaines entreprises axent d’ailleurs leur développement sur la sécurisation et le stockage des données, c’est le cas de Randy KELLOG, PDG de Omron Healthcare qui investit fortement sur la sécurisation du déplacement des données. Il en est de même pour Bettina EXPERTON et son entreprise Humetrix qui chiffre les données et les stocke uniquement sur leurs appareils en local et non sur le Cloud.

La sécurisation des données est un sujet sur lequel les entreprises s’investissent mais le problème c’est qu’elles se confrontent à une forte défiance des patients et des consommateurs. Pour renouer avec leur confiance, Jesse EHRENFELD, Président du conseil de la Trustees-American Medical Association, préconise d’instaurer un cadre réglementaire très précis autour de l’utilisation des données. Selon Neil GOMEZ, System Senior Vice President for Digital and Human Experience à CommonSpirit Health, la transparence est le meilleur moyen d’instaurer une relation de confiance, « il est de notre responsabilité d’informer les patients et consommateurs de l’utilisation qui est faite de leurs données ».

Neil GOMEZ place beaucoup d’espoir dans ces nouvelles solutions et pensent qu’elles permettront de personnaliser les soins octroyés aux patients. De son côté, Pat BAIRD espère que l’IA servira à réhumaniser les soins de santé en déchargeant les médecins des tâches qui pourront alors être exécutés par les machines.

En résumé, les problèmes autour de l’IA et des données sont divers mais les opportunités et bénéfices attendus dans le secteur sont immenses.

 

En région Sud, certaines entreprises présentes au CES cette année se positionnent sur ces défis. C’est le cas de Sensoria Analytics avec sa solution logicielle CardioSensys qui simplifie la détection de maladies cardiovasculaires et évite des accidents mortels ; et Xrapid avec ses 2 solutions awardés à savoir xRblood (un appareil de test sanguin à domicile) et xHale (un masque facial intelligent, léger et confortable offrant un fort niveau de protection).

 

  1. La mobilité du futur

Véhicules intelligents et connectés, modes de transports révolutionnaires, engins de chantier autonomes, mais aussi optimisation du trafic et des flux de mobilité… Les idées pour optimiser nos déplacements et améliorer notre bien-être ne manquent pas et devraient rapidement envahir notre quotidien.

Si les entreprises développent des produits différents, elles ont, en revanche, toutes le même leitmotiv pour y arriver : l’innovation. C’est le cas de Pioneer, multinationale initialement réparateur d’autoradio qui développe désormais des plateformes intelligentes et connectées. La société déploie des technologies bardées de caméras et de capteurs qui permettent d’adapter la vitesse d’un véhicule selon le trafic ou la topographie de la route. Ces technologies sont capables de repérer des obstacles, y compris dans les angles morts, et ainsi faire adopter les bons réflexes à la voiture. Schiro YAHARA, Président de l’entreprise, se félicite de la capacité de ses ingénieurs à s’adapter aux nouvelles technologies, exploitant au mieux les possibilités offertes par le Bluetooth ou la Wifi.

Pat LAVELLE, PDG de Voxx International Corp estime que l’innovation est vitale pour l’évolution de son entreprise car elle permet de répondre rapidement aux besoins. A sa création, en 1960, Voxx International Corp était spécialisée dans les alarmes de voiture, elle est désormais une référence mondiale des systèmes audios et vidéos embarqués.

Outre les sociétés historiques, de nouvelles entreprises se démarquent grâce à leurs innovations. C’est le cas de Virgin Hyperloop qui utilise la lévitation magnétique pour soulever et propulser une capsule évoluant dans des tubes sous vide. Si ces capsules conduisent moins de personnes que les modes de transports en commun existants, leur rapidité permet de combler ce déficit.

La société Aurora, fondée en 2017, s’est positionnée de son côté sur la conduite autonome, notamment dans le secteur de la logistique. Elle vient de racheter la division « conduite autonome » d’Uber et elle développe actuellement un capteur permettant d’analyser la vitesse des autres véhicules, y compris sur de grandes distances.

L’innovation est une part essentielle de la réussite sur le marché de la mobilité du futur mais la nécessité d’avoir des partenariats solides n’en n’est pas moins importante. En effet, à écouter les intervenants, on se rend vite compte de l’importance des GAFA dans le secteur. Ainsi, si Pat LAVELLE loue les partenariats historiques qui permettent à son entreprise de changer de secteurs plus facilement, il met l’accent sur le récent partenariat signé avec Amazon qui favorise l’extension de son réseau de distribution. Amazon se positionne comme un acteur clé du marché via le soutien qu’elle apporte à Aurora et Pioneer tandis que Google soutient de son côté Waymo, principal concurrent de Tesla sur le marché des voitures connectées et autonomes. YouTube ou Apple signent eux des contrats avec des constructeurs qui développent ainsi des voitures offrant les mêmes services qu’un smartphone.

Si l’imagination de ces entreprises n’a pas de limite, un facteur les freine encore dans leurs ambitions, au grand damne de leurs dirigeants : la législation. Finch FULTON, sous-secrétaire adjoint à la politique des transports des Etats-Unis et Rachel MACLEAN, sous-secrétaire d’Etat aux transports du Royaume-Uni, ont parfois dû tempérer les ardeurs des entrepreneurs, tout en mettant en avant les mesures mises en place par leurs gouvernements respectifs. Outil de mise en place de la décarbonation et présentant des avantages économiques et sociaux, les véhicules autonomes intéressent les décideurs politiques même si, comme le précise Finch FULTON, le secteur manque de transparence. Il souligne qu’il est essentiel que les entreprises partagent leurs recherches afin de gagner la confiance des consommateurs et faire adopter des règlementations. Son gouvernement a d’ailleurs récemment créé un site internet pour que les entreprises publient leurs recherches.

Au Royaume-Uni, le gouvernement regarde avec intérêt un marché qu’il estime à 47,5 milliards d’euros d’ici 2035 et 38 000 emplois à la clé. Rachel MACLEAN souligne les actions du gouvernement qui a mis en place un programme de soutien à l’innovation des transports et qui réfléchit actuellement à créer des voies réservées aux véhicules autonomes sur les autoroutes du pays.

Du côté des entreprises, David QUINALTY, Head of federal policy and governement affairs de Wayco apprécie le cadre légal qui permet à son entreprise de mener des essais réguliers de camions autonomes entre Dallas et Phoenix mais réfute les critiques internationales accusant les Etats-Unis d’être trop souples sur les normes sécuritaires des tests de véhicules autonomes. Par ailleurs, il estime que les politiques ont souvent du retard et se montrent trop frileux pour adopter de nouvelles normes. Il ajoute qu’une réglementation favorable est facteur de compétitivité pour le pays et que la concurrence saine du secteur assure des progrès sécuritaires. Finch FULTON rappelle que 50% des tests mondiaux de véhicules autonomes se font aux Etats-Unis.

Entre les fortes ambitions et innovations des acteurs et le besoin de garanties sécuritaires des politiques, la mobilité du futur n’a pas fini de faire parler d’elle. Une situation pleine d’espoir, résumée par David QUINALTY d’un malicieux « be quick but don’t worry » (soyez rapide mais ne vous inquiétez pas).

 

Dans notre région, plusieurs de nos entreprises ont fait parler d’elles au CES version 2021 : Green Systems Automotives, Maca et Kid’Venture. La première pour sa Green Box Evo, un dispositif embarqué de conversion aux biocarburants pour deux-roues motorisés ; la seconde pour sa solution Eleven, un véhicule à écollage vertical électrique et alimenté par hydrogène, et enfin la troisième pour sa remorque innovante et connectée ECRINS pour le déplacement familial à vélo.

 

Conférences écoutées :

  • Trust and The Impact of AI on Health Care

Intervenants : Kerry HARESIGN (Directrice Technology &Standards, Consumer Technology Association), Pat BAIRD (Regulatory Head of Global Software Standards, Philips), Jesse EHRENFELD (Président du conseil, Trustees-American Medical Association) et Chirstina SILCOX (Policy Fellow – Digital Health, Duke-Margolis Center for Health Policy).

  • Next-gen technologies to Transform Health Care

Intervenants : Jill GILBERT (Productrice du sommet « santé numérique » du CES), Philip AVELDA (PDG, Brainworks Foundry, Inc.), Charles FISHER (PDG, Unlearn.AI) et Aloha MCBRIDE (Global Health Leader, Ernst & Young).

  • Fast tracking the digital health revolution

Intervenants : Stuart HENDERSON (Accenture), Krishna CHERIAT (Head of Digital, Data and Analytics – Zoetis), Neil GOMEZ (System Senior Vice President for Digital and Human Expérience, CommonSpirit Health), Kaveh SAFAVI (Directeur de la gestion des affaires de santé, Accenture).

  • The Trade-Off Between Staying Secure and Staying Healthy

Intervenants : Robin RASKIN (Fondateur, Solving for Tech), Dr Bettina EXPERTON (PDG, Humetrix), Randy KELLOG (PDG, Omron Healthcare), Hassan A. TETTEH (Warfighter Health Mission Chief, Joint artificial intelligence center – Department of Defense).

  • Essential Technologies for the New Health Revolution

Intervenants : Nicole LAMBERT (Présidente, Myriad Genetic Laboratories), Adam PELLEGRINI (Vice-Président Transformation Consumer Innovation and Enterprise Virtual Care, CVS Health), Ashley TUAN (Vice President, Medical Devices, Mojo Vision).

  • Autonomous Transportation Moves Beyond the Vehicule

Intervenants : Sara LUCHIAN (Director Passenger Experience, Virgin Hyperloop), Lia THEODOSIOU-PISANELLI (Director of Partner Product & Programs, Aurora), Karl WEISS (Vice-Président et Directeur Général, Caterpillar).

  • Innovation never sleep

Intervenant : Pat LAVELLE (Président et CEO, Voxx International Corp)

  • Mobility Expérience for the Future and Today

Intervenant :  Ted CARDENAS (Vice-President of marketing, Pioneer’s Car Electronics), Schiro YAHARA (Président, Pionner).

  • Self-Driving Vehicles Moving Forward : Who Will Set the Rules ?

Intervenants : Jamie BOON (Directeur de l’innovation technologique, Toyota Amérique du Nord), Finch FULTON (Sous-secrétaire adjoint à la politique des transports des Etats-Unis), Rachel MACLEAN (Député du Royaume-Uni et sous-secrétaire d’Etat des transports), David QUINALTY (Head of Federal Policy & Government Affairs, Waymo).

Contact risingSUD : Louis ARNOULD, Chef de Projet Innovation Pôle Intelligence Economique

Les enjeux de développement des PME de la région Sud

BIG 2020 – Une édition placée sous le signe du renouveau

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Le 1er octobre, s’est tenu à l’Accor Arena de Paris une édition inédite du plus grand évènement de rencontres entrepreneuriales d’Europe, BIG 2020, au format adapté à la crise sanitaire puisque l’intégralité des ateliers et conférences pouvaient être suivis à distance sur le site de Bpifrance. Une édition digitale, consacrée à la relance des entreprises, dans laquelle il a beaucoup été question d’adaptation, d’accélération de la transformation, et qui a fait la part belle au numérique.

risingSUD vous propose le décryptage d’un échantillon de conférences consacrées aux leviers de sortie de crise et à la relance.

Si en cette fin d’année la majorité des entreprises ont repris leur activité, le retour à une activité normale n’est pas prévu avant 2022 précise Michel LE BOUDEC, directeur du Centre d’affaires Société Générale Ile-de-France Sud-Est. En effet, les entreprises sont encore en majorité en mode survie et manquent de visibilité pour la reprise, entre incertitude sur les résultats de l’élection présidentielle américaine, le Brexit ou encore les fluctuations du cours du pétrole. Marc EDET, directeur commercial du commerce international de la Société Générale va dans le même sens en précisant que la récession pour 2020 est déjà prononcée mais que contrairement aux crises classiques, le rebond économique n’est pas encore planifiable. Selon lui, il est encore trop prématuré pour annoncer une reprise de l’activité, bien que des signaux encourageants sur le taux de chômage ou encore l’investissement soient observés. Alors comment les entreprises peuvent-elles survivre en ces temps incertains ?

Elles doivent se réinventer. Selon Michel LE BOUDEC, beaucoup d’entreprises sont en réflexion stratégique. La crise sanitaire a coupé les entreprises de leurs fournisseurs, elle les a éloignés de leurs clients et les a empêchés de maintenir leurs habitudes de production. Les entreprises de toute taille ont dû revoir leur business model et leur supply chain. De plus, la rapidité et l’intensité de la crise les ont forcés à réagir vite.

Tout d’abord, la crise a agi comme un accélérateur dans la prise en compte du numérique dans l’activité des entreprises. Un point de vue que défendent François-Xavier DE THEULLOY, référent expert Industrie du Futur à Bpifrance, Alexandre POINTARD, Technology Officer chez Alliance Industrie du Futur et Marcos LIMA, directeur du programme MSc à SKEMA Business School. En effet, ces derniers mènent depuis le déconfinement une étude sur la transformation numérique des entreprises industrielles labellisées « Vitrine de l’industrie du futur » et ils constatent la nécessité de maîtriser les outils numériques pour être compétitif. Selon Marc EDET, la crise a permis « d’accélérer la digitalisation des entreprises qui en étaient capable et a servi d’opportunité pour celles qui n’y avaient pas pensé ». Toujours selon ce dernier, le confinement a permis de généraliser la dématérialisation des démarches administratives. Enfin, il ajoute que la digitalisation de l’activité joue un rôle important puisque le e-commerce est un outil non négligeable d’internationalisation des entreprises.

Les entreprises ont aussi dû repenser leur marché. Pour Marc EDET, « l’international est un levier de développement qui n’est plus un complément » et qui doit être intégré au business model des entreprises dès leur création. Il souligne d’ailleurs l’évolution des mentalités chez les nouvelles générations d’entrepreneurs qui n’ont plus peur de se lancer dès le début de leur activité à l’assaut des marchés internationaux, mieux aidés il est vrai par les dispositifs d’accompagnement dont disposent aujourd’hui les entreprises tel que Team France Export.

Le système de management a aussi évolué. Alexandre POINTARD insiste ainsi sur la nécessité de s’appuyer sur un « mix entre réseau historique et approche numérique ». Si les entreprises étudiées utilisaient déjà les outils numériques avant la crise, le confinement a fait émerger l’importance du facteur humain. En effet, elles ont dû être réactives et faire preuve d’intelligence humaine sur l’optimisation de la production. Par ailleurs, Alexandre POINTARD, François-Xavier DE THEULLOY et Marcos LIMA ont observé qu’une plus grande motivation des collaborateurs permet de développer plus facilement les compétences et que le bien-être au travail a permis une meilleure productivité. Pour développer cela, les entreprises se sont donc appuyées sur un système de leadership participatif ainsi qu’une plus grande flexibilité du travail, ce qui a favorisé la créativité, la réactivité et l’agilité. Coupler les savoir-faire et la capacité d’innovation des collaborateurs avec l’automatisation et la transformation numérique ont donc permis aux entreprises d’être plus agiles et de s’adapter aux besoins.

Il apparaît que la crise a également servi de période de réflexion sur les thématiques sociales et environnementales car elle a accéléré la prise de conscience à la fois des consommateurs, des salariés et des financeurs. Pour Marc EDET, « le niveau d’exigence de la population a changé » et le gouvernement ne s’y est pas trompé puisqu’un tiers du plan de relance est consacré à l’économie durable. Frédéric VIET, président du groupe Rougnon, souligne la prise en compte de la rénovation des bâtiments dans le plan de relance puisque le secteur du bâtiment représente presque la moitié de la consommation énergétique et que la transition écologique y est un enjeu majeur mais également un levier d’emplois important. Pour lui, le moment est opportun pour les entreprises du secteur de se concentrer sur ces nouvelles priorités d’autant plus que la France dispose des techniques, du cadre législatif et maintenant des aides financières nécessaires pour mettre en œuvre ce changement. Pour Pierre ABADIE, co-responsable de la transition énergétique chez Tikehau Capital, la crise sanitaire est « une opportunité d’investir dans quelque chose de plus résilient, notamment avec la relocalisation et la transition énergétique » qui va devenir « un facteur de compétitivité ».

La relocalisation est également un sujet qui a été largement abordé lors de cette journée. Arnaud MONTEBOURG, ancien ministre de l’Economie, la voit comme « une composante de la relance », pour laquelle « une procédure exceptionnelle doit être engagée (…) d’où la nécessité de prendre des risques ». Pierre ABADIE va dans ce sens et présente l’automatisation, la digitalisation et la transition énergétique comme les trois leviers de la relocalisation. Isabelle MEJEAN, meilleure jeune économiste 2020 est quant à elle favorable à une taxe carbone tandis que Bernard GAINIER, président de PwC France penche plutôt pour des taxes douanières à l’entrée de l’Europe. Par ailleurs, il partage son point de vue avec Dominique CARLAC’H, vice-présidente et porte-parole du MEDEF sur la nécessité des pays européens à se regrouper et à mettre en avant la puissance de leur marché pour développer une souveraineté européenne. Pour cela, Dominique CARLAC’H précise la nécessaire conciliation des politiques industrielles et numériques avec le libre-échange au sein de l’espace européen. Si l’Europe doit définir les investissements d’avenir et répartir les rôles et responsabilités de chacun, Bernard GAINIER rappelle que c’est à l’Etat, en tant que garant de l’attractivité nationale, de définir les modes de production.

Outre ces mesures d’adaptation, le financement est également un enjeu de survie pour les entreprises. Les différents intervenants sont en accord pour dire que le plan de relance est adapté pour gérer les urgences et faire repartir l’économie le plus vite possible mais la question de la mise en pratique de ce plan les laisse songeurs, voire perplexes. Pour Isabelle MEJEAN, beaucoup d’argent a été engagé mais les objectifs sont eux aussi nombreux. Comme Dominique CARLAC’H, elle se pose la question de la gouvernance de ces fonds face à la multitude des décideurs publics, et propose une évaluation au cas par cas de la rentabilité de la dépense publique. De son côté, Michel LE BOUDEC s’est longuement penché sur une mesure phare du plan de relance : le Prêt Garanti par l’Etat (PGE). Il estime que cette aide à court terme « peut s’avérer piégeuse » et que les discussions entre banques et entreprises pour étaler la dette du PGE seront nombreuses car bon nombre d’entreprises ne pourront pas rembourser cette dette dans les délais impartis. Il souligne également la difficile visibilité du taux de retour sur investissement et la nécessité pour les investisseurs de prendre des risques et d’avoir une vision sur le long terme. Devant le besoin en fonds propres des entreprises et leur nécessité d’investir pour innover, l’idée d’un financement par les particuliers, présentée par le gouvernement le 30 septembre, lui semble une bonne solution pour soutenir le tissu industriel français. Le directeur du Centre d’affaires Société Générales Ile-de-France Sud-Est conclut alors que « 2021 sera un juge de paix pour les entreprises ».

 

Retrouvez toutes les conférences BIG 2020 sur big.bpifrance.fr/sessions

La relance : quel accompagnement et leviers pour la croissance ?

Intervenants : Michel LE BOUDEC (directeur du Centre d’affaires Société Générale Ile-de-France Sud-Est), Marc EDET, (directeur commercial du commerce international, Société Générale)

Retrouvez cette conférence sur : https://big.bpifrance.fr/fr/onlinesession/5b06b723-7301-eb11-96f5-000d3a210810

La rénovation thermique du bâtiment, pierre angulaire de la relance post-Covid et de la transition énergétique en France

Intervenants : Pierre ABADIE (co-responsable stratégie de transition énergétique, Tikehau Capital), Frédéric VIET (Président du groupe Rougnon)

Retrouvez cette conférence sur : https://big.bpifrance.fr/fr/session/9f54fc20-f900-eb11-96f5-0003ff298365

Rebondir grâce à l’industrie du futur

Intervenants : François-Xavier DE THIEULLOY (référent expert Industrie du Futur, Bpifrance)Marcos LIMA (directeur du programme MSc, Skema)Alexandre POINTARD (Technology Officer, Alliance Industrie du Futur)

Retrouvez cette conférence sur : https://big.bpifrance.fr/fr/session/68df43bc-50e8-ea11-8b03-000d3a217408

Relocalisation et industrialisation : voies de sortie de crise ?

Intervenants : Dominique CARLAC’H (vice-présidente et porte-parole du MEDEF)Bernard GAINIER (Président de PwC France et Maghreb)Philippe MARTIN (professeur d’économie à Sciences Po, Le Cercle des Economistes)Isabelle MEJEAN (professeure, Ecole Polytechnique, Meilleure jeune économiste 2020)Arnaud MONTEBOURG (Président de Bleu Blanc Ruche)

Retrouvez cette conférence sur : https://big.bpifrance.fr/fr/session/0686e233-aff1-ea11-96f5-0003ff29803d

Contact risingSUD: Matéo COMPAS, Pôle Innovation Pôle Intelligence Economique

 

 

Les rencontres économiques sous le signe de la résilience

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Du 3 au 5 juillet se déroulait la 20e édition des Rencontres économiques, cette fois-ci à la Maison de la Radio à Paris, loin du soleil d’Aix-en-Provence, en raison de la crise sanitaire. Rebaptisée pour l’occasion “Rencontres Aix-en-Seine : Agir face aux dérèglements du monde – on va s’en sortir !”, cette édition un peu spéciale analyse les conséquences de la crise sanitaire sur l’économie.

Décryptage d’un échantillon de conférences par risingSUD sur 5 thématiques :

  • Commerce international et politique industrielle
  • Consommation énergétique
  • Entreprises vertueuses
  • Intelligence artificielle
  • Télétravail et nouveau modèle de management

 

1) COMMERCE INTERNATIONAL ET POLITIQUE INDUSTRIELLE

Comme le souligne Patrick ARTUS, membre du Cercle des économistes, la crise liée au covid rime avec montée du nationalisme économique, retour des politiques de souveraineté et volonté de produire plus localement. « Les frontières se durcissent » précise Suzanne BERGER, professeure au MIT ; Patrick ARTUS explique lui que les chaînes de valeurs globales des sociétés se retrouvent en conflit avec les politiques locales au sein d’un système international qui a un besoin massif de coopération et de coordination.

Pour l’économiste Elie COHEN, l’une des « grandes découvertes de la pandémie » est le degré de dépendance de la France à des actifs pharmaceutiques essentiels, dont la fourniture est concentrée de 60 à 80% en Chine ou en Inde. Selon lui, dans toute industrie amenée à se globaliser, on observe une « courbe du sourire » c’est-à-dire un transfert de la production manufacturière des pays développés vers les pays en développement, et une remontée vers l’amont (R&D) et vers l’aval (marketing et commercialisation) dans les pays développés. Pourtant, selon l’économiste, il n’existe pas une remontée réelle de la courbe du sourire en France et notamment dans le secteur pharmaceutique où le modèle consiste à concentrer les efforts de R&D sur certains produits, faire peu de recherche interne et sous-traiter notamment aux startups.

Même constat dans l’industrie automobile, où l’on produit vingt fois moins de véhicules en France que par le passé même si les usines de production actuelles n’ont rien à voir avec celles du passé avec l’inclusion de plus d’intelligence et de compétence sur les chaines de production.

Pour l’économiste Nathalie COUTINET, la crise actuelle permet une prise de conscience générale sur les questions de relocalisations mais elle rend aussi concrètement ceci plus difficile à cause des difficultés des entreprises et de la perte de revenus des ménages. Le Directeur Général de l’institut des entreprises Paul ALLIBERT estime que la relocalisation impliquerait que les français soient prêts à payer les coûts supplémentaires induits par la production française.

Denis FERRAND, Directeur Général de Rexecode et Patrick POUYANNE, PDG du Group Total ajoutent respectivement « On a vu ce qu’était le coût de la non-souveraineté, mais est-ce qu’on est prêts à assumer le coût de la souveraineté ? », « les consommateurs sont-ils prêts à payer plus chers ? ».

Rodolphe SAADE, PDG de CMA-CGM constate une accélération de la régionalisation tandis que Patrick ARTUS fait le pari des relocalisations en Europe mais des relocalisations ciblées notamment sur les secteurs les plus stratégiques.

Dès lors, plutôt que d’une relocalisation, Vincent CHARLET, Directeur Général de La Fabrique de l’industrie appelle à une réindustrialisation : « Il faut que nos territoires, nos écosystèmes, soient attractifs et propices à l’émergence d’activités industrielles ». Pour que les territoires se réindustrialisent il faut selon lui favoriser la libre organisation autour de clusters et l’investissement dans l’appareil productif, notamment dans les biens immatériels. Pour Vincent PARIS, Directeur Général de Sopra Steria, les nouvelles technologies permettent de gagner 20 à 30% de productivité, ce qui permettrait de redynamiser les territoires, et rapprocher industries et services pour proposer des offres plus globales.

Ana LEHMANN, professeur à l’université de Porto et ancienne secrétaire d’état à l’industrie du Portugal estime que la réindustrialisation doit se faire « du point de vue du consommateur », en tirant partie des avantages de chaque territoire (la France pourrait se baser par exemple à l’avenir sur la tradition et l’authenticité).

Elie COHEN ajoute que l’on peut aussi « penser à un nouveau partage en matière de financement, de développement de la recherche et de localisation de l’activité ». Ainsi, selon Nathalie COUTINET, un financement public est requis dans le secteur pharmaceutique si certains biens sont des biens communs mondiaux, mais ce financement peut être également requis au sein de projets à fort impact tels que rendre l’industrie plus inclusive et durable.

Pour Nathalie COUTINET, pour mettre en place ces relocalisations, il faut penser Europe avant de penser France. L’économiste plaide pour un European Act afin d’inciter les administrations et entreprises publiques à acheter européen. Patrick POUYANNE prône également une souveraineté européenne qui passe par la « diversification des chaînes de production, des sources de production et d’approvisionnement » et un système de coopération fort afin de maîtriser les technologies clefs.

Dominique REYNIE, Directeur Général de la Fondation pour l’innovation Politique propose lui d’étendre l’arc européen à un arc euro-méditerranéen en favorisant les coopérations. Cependant pour Paul ALLIBERT, il n’est pas nécessaire de viser une « souveraineté intégrale » mais plutôt de cibler quelques domaines stratégiques voire pour Vincent CHARLET « de constituer des stocks stratégiques ».

Afin de mettre ceci en place, Vincent PARIS propose de s’inspirer des méthodes d’analyses et de suivi utilisées par le ministère de la défense afin de garder compétitives les activités stratégiques et de cibler celles à protéger car une trop grande protection est contraire à l’innovation. Enfin, Elie COHEN conclut sur le sujet « il s’agit d’une nouvelle articulation de la relation entre Etat et entreprises, une nouvelle division du travail internationale, un investissement informationnel pour savoir ce qui se passe et où ça se passe ».

 

Si vous souhaitez visionner les conférences en entier :

La redistribution des cartes sectorielles

https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/la-redistribution-des-cartes-sectorielles/

Participants : Jacques BIOT (membre associé du Cercle des économistes), Franck DEDIEU (Deputy Editorial Director de Marianne), Elie COHEN (Directeur de recherche au CNRS), Merouane DEBBAH (Director of Huawei R&D France and Professor at CentraleSupelec), Ana LEHMANN (Professeur à l’Université de Porto et ancienne secrétaire d’Etat à l’industrie du Portugal), Marie-Christine LOMBARD (Présidente du Directoire de GEODIS) et Vincent PARIS (Directeur Général de Sopra Steria).

 

Les voix de l’Economie – Quelle politique industrielle ?

https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/les-voix-de-leconomie-quelle-politique-industrielle/

Participants : Isabelle CHAILLOU (Head of economincs departement de franceinfo), Paul ALLIBERT (Directeur Général de l’Institut de l’Entreprise), Vincent CHARLET (Directeur Général de La Fabrique de l’industrie), Nathalie COUTINET (économiste chez Les économistes attérés), Denis FERRAND (CG de REXECODE), Dominique REYNIE (Directeur Général de la Fondation pour l’innovation Politique).

 

Surmonter les tension géostratégiques

https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/surmonter-les-tensions-geostrategiques/

Participants : Patrick ARTUS (membre du Cercles des économistes), Hedwige CHEVRILLON (présentatrive TV chez BFM Business), Suzanne BERGER (Porfesseure au MIT), Shaye LU (Ambassadeur de la République populaire de Chine en France), Patrick POUYANNE (PDG de Total) et Rodolphe SAADE (PDG de CMA-CGM).

 

2) CONSOMMATION ENERGETIQUE

Selon Valérie MASSON-DELMOTTE, Vice-Présidente du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), en matière d’énergie une question se pose : comment s’adapter au changement climatique compte tenu des infrastructures existantes et de l’inertie ?

Pour Jean-Marie CHEVALLIER, membre du Cercle des économistes, la prise de conscience s’accélère et « il faut agir fortement et rapidement » même si passer à 100 % d’énergies renouvelables est une utopie ; « il faut mixer les solutions » nous précise Marianne LAIGNEAU, Présidente du Directoire d’Enedis. Selon Jean-Philippe PUIG, Directeur Général du groupe Avril, « il faut innover plus vite » au sein d’un secteur des énergies renouvelables qui pour Magnus HALL, Président et CEO de Vattenfall AB comporte de « moins en moins de risques financiers ».

D’après Jean-Philippe PUIG, l’avenir du secteur dépend fortement des « envies sociétales et politiques ». Pour Valérie MASSON-DELMOTTE, il s’agit de sortir des silos existants pour construire des trajectoires de développement résilientes face aux chocs environnementaux et sanitaires.

Pour Jean-Pierre CLAMADIEU, Président du Conseil d’Administration d’Engie, l’enjeu est de passer de la démonstration au passage à l’échelle (notamment pour les énergies nouvelles telles que le biométhane et l’hydrogène). Même constat pour Antoine FREROT, PDG de Veolia : “Ce qui pêche dans l’innovation, c’est notre capacité à la généraliser”.

Jean-Marie CHEVALLIER insiste sur l’importance d’optimiser la consommation d’énergie grâce à la digitalisation des flux. Selon Marianne LAIGNEAU, cette réduction de la consommation passe notamment par des réseaux d’électricité et des bâtiments intelligents ainsi qu’une meilleure valorisation de la donnée.

Philippe DROBINSKI, membre du CNRS, propose, lui de jouer sur les forces des territoires et mettre en place des stratégies adaptées en fonction des ressources (éolien, hydraulique ou panneaux solaires par exemple). Jean-Philippe PUIG pari sur plus de territorialité et plus de production d’énergie à l’échelle locale, tout comme Marianne LAIGNEAU qui constate un développement de l’autoconsommation.

Concernant le secteur logistique et des transports, Rodolphe SAADE met en avant l’importance « d’être plus respectueux et plus vert » tout en étant « créateur de valeur pour notre environnement » via l’usage de technologies moins polluantes telles que les conteneurs à gaz ou les carburants alternatifs dans les bateaux.

Concernant l’avenir, Jean-Philippe PUIG pense qu’une des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique est d’augmenter le prix de la taxe carbone. Il propose également de mettre en place un système de rémunération en fonction de l’impact écologique ou encore de développer l’usage des biocarburants car ils permettront de mêler « la transition énergétique et la transition alimentaire ».

A propos des technologies de demain, Magnus HALL propose une meilleure valorisation des déchets, un meilleur stockage de l’énergie ou encore des usines qui fonctionnent à l’hydrogène. Philippe DROBINSKI mise lui sur le développement de l’éolien et un plus grand usage des débits fluviaux et courants marins. Enfin, ce dernier insiste sur les conflits d’usage entre l’alimentation, l’électricité et la santé : trois domaines indispensables à notre survie mais qui se retrouvent en conflit car ils s’impactent entre eux. A nous alors de trouver les « justes équilibres ».

 

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Consommer en énergies vertes, entre urgence et utopie

https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/consommer-en-energies-vertes-entre-urgence-et-utopie/

Participants : Jean-Marie CHEVALIER (membre du Cercle des économistes), Emmanuel CUGNY (éditorialiste sur Franceinfo), Astrid ALVAREZ (Former CEO de Grup Energia Bogota), Philippe DROBINSKI (Professeur au CNRS), Mark FOLEY (CEO de Eirgrid Group), Magnus HALL (President & CEO de Vattenfall AB), Marianne LAIGNEAU (Présidente du Directoire d’Enedis) et Jean-Philippe PUIG (Directeur Général du Groupe Avril).

 

La transition écologique, moteur de l’innovation

https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/la-transition-ecologique-moteur-de-linnovation/

Participants : Patrice GEOFFRON (membre du Cercles des économistes), Nicolas BARR (éditeur en chef au journal Les Echos), Tomas ANKER CHRISTENSEN (embassadeur pour le climat au Danemark), Jean-Pierre CLAMADIEU (Président du Conseil d’Administation d’ENGIE), Antoine FREROT (PDG de Véolia), Ilham KADRI (Duirecteur Général de Solvay), Jean-Bernard LEVY (PDF d’EDF) et Valérie MASSON-DELMOTTE (Vice-Présidente du GIEC).

 

Surmonter les tension géostratégiques

https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/surmonter-les-tensions-geostrategiques/

Participants : Patrick ARTUS (membre du Cercles des économistes), Hedwige CHEVRILLON (présentatrive TV chez BFM Business), Suzanne BERGER (Porfesseure au MIT), Shaye LU (Ambassadeur de la République populaire de Chine en France), Patrick POUYANNE (PDG de Total) et Rodolphe SAADE (PDG de CMA-CGM).

 

3) ENTREPRISES VERTUEUSES

Les entreprises vertueuses sont-elles mieux armées pour agir face aux dérèglements du monde ? Pour l’économiste Olivier BABEAU, la crise a montré que les entreprises peuvent faire évoluer leur production afin d’avoir une utilité et agir pour le bien commun. Selon Bris ROCHER, PDG du groupe Rocher, « l’entreprise est le meilleur outil que l’on ait à disposition pour améliorer les choses ». Christine LAGARDE, Présidente de la Banque Centrale Européenne, considère que la crise actuelle va entraîner une évolution vers un mode de vie plus soutenable et plus écologique notamment en Europe où 94 % des citoyens jugent l’environnement comme « important pour eux ».

Selon Bris ROCHER, l’avenir de l’entreprise est celui de « l’entreprise à mission » soit une entreprise qui va conjuguer performance économique et bien commun, une entreprise qui n’aura pas pour unique objectif la rentabilité. Par ailleurs, Jeanne POLLES, Présidente de Phillip Morris France précise qu’une entreprise à mission se doit d’être transparente et ouverte sur sa raison d’être et les moyens mis en œuvre. Conjuguer performance économique et bien commun, c’est la méthode qu’a choisi Phillip Morris qui dans toute décision stratégique allie ses stratégies business et RSE en mesurant et limitant son impact social et environnemental.

Thierry DEAU, PDG de Meridiam ajoute que les investisseurs accordent actuellement autant d’importance à la performance non-financière qu’à la performance financière. Il rappelle également que les entreprises ne doivent pas seulement regarder la profitabilité à court terme mais penser sur le long terme. De son côté, Bris ROCHER concède que mettre en œuvre le bien commun peut dégrader la profitabilité de l’entreprise mais que cela augmente sa valeur immatérielle.

Et face à la crise ? Selon Rosabeth M. KANTER, professeure à la Harvard Business School, les entreprises « qui ont des valeurs et qui ont de la loyauté vont pouvoir rebondir plus rapidement ».

Selon elle, la relance se fera grâce aux entrepreneurs innovants qui créeront des entreprises sociales car ils pourront gagner la confiance de leurs clients, s’adapter aux évolutions, et répondre à la demande de plus en plus forte des consommateurs et des salariés.

 

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L’entreprise définiera le XXIème siècle

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Participants : Olivier BABEAU (membre associé du Cercle des économistes), Anne-laure JUMET (Head of economic service de France Culture), Fatoumata BA (Founder & Executive Chair de Janngo), Thierry DEAU (PDG de Meridiam), Rosabeth M KANTER (Arbuckle Professor de la Harvard Business School), Alexandre MARS (Fondateur et Président d’Epic & blisce), Jeanne POLLES (Présidente de Philip Morris France) et Bris ROCHER (PDG du Groupe Rocher).

 

Mettre en œuvre un modèle alternatif de croissance

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Participants : Hélène REY (membre du Cercle des économistes), François LENGLET (Head of economy departement de TF1), Pierre-André DE CHALENDAR (PDG de Saint-Gobain), Christine LAGARDE (Présidente de la BCE) et Axel WEBER (Chairman of the Board of Directors d’UBS Group AG).

 

4) INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

D’après Dominique ROUX, membre du Cercle des économistes et directeur de la chaire économie numérique de l’Université Paris-Dauphine, l’Intelligence Artificielle (ou l’IA) n’est pas une simple technologie mais un ensemble de solutions qui assistent, imitent ou aident l’Homme ; l’IA s’applique à tous les secteurs et elle va sans doute « transformer l’humanité ».

Selon une étude d’IBM, l’IA va entraîner la disparition de 120 millions d’emplois d’ici trois ans. Mais en parallèle, l’IA va en créer de nouveaux, elle va transformer les emplois existants, réduire la pénibilité au travail et augmenter les capacités de production.

Yuko HARAYAMA, Executive Director de Riken et ancienne membre du conseil scientifique du gouvernement japonais estime que l’IA fait « avancer la science » et qu’elle est partout. Matthieu COURTECUISSE, Directeur Général de Sia Partners, en vante lui les mérites : « le confinement sans IA n’aurait pas été possible » en citant comme exemple le maintien des sites industriels, le télétravail, le e-commerce, les téléconsultations médicales ou encore le paiement sans cash.

Concernant l’avenir de l’IA, sa maîtrise et son développement passe selon Matthieu COURTECUISSE par des formations adaptées et la nécessité de « développer une société qui aime la science et les mathématiques ». Luc JULIA, CTO & Senior VP of Innovation de Samsung Electronics et créateur de Siri insiste sur la nécessité d’éduquer les citoyens et les utilisateurs qui par ricochet éduqueront les Etats.

Thibault LANXADE, PDG de Jouve et Matthieu COURTECUISSE soulignent l’importance de règlementer l’utilisation de l’IA car l’on touche à la gestion des données et à l’intimité des citoyens, des sujets sensibles qui souffrent d’un gros problème de confiance. Philippe MABILLE, éditeur en Chef chez La Tribune précise que « l’IA doit être au service du progrès », Dominique ROUX rajoute que ce « progrès doit être contrôlé par l’Homme » et capable de créer des services non discriminants et respectueux de l’environnement tandis que Luc JULIA précise qu’il « ne faut pas utiliser l’IA pour tout ».

Matthieu COURTECUISSE et Luc JULIA mettent en avant l’importance de trouver des solutions pour réduire et limiter l’impact écologique qu’aura l’IA à l’avenir, car comme le précise Luc JULIA « l’énergie que les technologies vont utiliser vont être énormes voir insoutenables ».

D’après Thibault LAXANDE et Luc JULIA, l’Intelligence Artificielle nous permettra d’aller beaucoup plus loin dans la santé, nous permettra beaucoup de progrès. Enfin Luc JULIA estime que ces technologies auront un fort impact sur les transports et l’IoT où beaucoup de « choses pratiques vont réagir et interagir » et rendre de nouveaux services.

 

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Mettre l’IA au service du progrès

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Participants : Dominique ROUX (membre du Cercle des économistes), Philippe MABILLE (Editor-in-Chief de La Tribune), Matthieu COURTECUISSE (Directeur Général de Sia Partners), Jeff FENG (CEO de Cloudpick), Yuko HARAYAMA (Executive Director de RIKEN), Luc JULIA (CTO & Senior VP of Innovation de Samsung Electronics) et Thibault LANXADE (PDG de Jouve).

 

5) TELETRAVAIL ET NOUVEAU MODELE DE MANAGEMENT

Le développement du télétavail pendant la crise pose la question de sa pérennisation. D’après une étude présentée par l’économiste Alexandra ROULET, les salariés sont prêts à renoncer à 8% de salaire pour bénéficier du télétravail. Selon cette même étude, le télétravail permettrait un gain de productivité de 22% pour les salariés dans le cas où le télétravail est choisi.

Pour Nicolas DUFOURCQ, Directeur Général de Bpifrance, « on ne peut pas continuer à laisser certains de nos salariés avoir un temps de trajet supérieur à 1h30 ». En ce qui le concerne, il n’est pas favorable à une politique de télétravail rigide mais plus pour une politique de confiance qui autorise un nombre d’heures de télétravail tout en laissant les salariés s’organiser comme ils le souhaitent.

Bertrand DUMAZY, PDG d’Edenred considère que le télétravail permet à chacun de s’exprimer plus librement et casser les codes même s’il y concède quelques désavantages tel que la perte de convivialité : « être ensemble c’est aussi partager de l’émotion et de la passion, et le digital peut tout faire sauf cette émotion et cette passion ». Nicolas DUFOURCQ ajoute que le télétravail fait perdre en intensité lorsqu’il devient routinier et il conseille alors de reconstituer des événements en physique dans les locaux professionnels et d’inventer de nouveaux rituels d’échanges afin de faire remonter cette intensité.

D’après Eric LABAYE, Président de l’Ecole Polytechnique, pour pérenniser le télétravail, il est important de repenser nos modes de management. Selon lui, pour que cela soit un succès, il faut adopter une approche bottom-up afin d’assurer une efficacité et une humanité dans le travail (1), faire évoluer son modèle de management à distance et miser sur la confiance et la responsabilisation des membres de l’équipe (2), et enfin apprendre à utiliser les outils collaboratifs pour assurer le partage (3).

Pour Eric LABAYE, les organisations où il y a plus de responsabilisation du management intermédiaire et du personnel sont les plus performantes. Il ajoute qu’il est nécessaire de former sur les outils et les rendre plus accessibles afin d’éviter des situations observées pendant la crise où des managers intermédiaires et du personnel se sont retrouvés en situation de responsabilisation et d’autonomie sans pour autant y être vraiment préparés. Bertrand DUMAZY prône également la responsabilisation mais il souligne également l’importance de garder le contact au quotidien et mettre l’accent sur un communication descendante en entreprise.

 

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Nos relations de travail, entre efficacité et humanité

https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/nos-relations-de-travail-entre-efficacite-et-humanite/

Participants : Alexandra ROULET (membre associé du Cercle des économistes), Bruna BASINI (Assistant editor, economy du Journal du Dimanche), Yochai BENKLER (Berkman Professor of Entrepreneurial Legal Studies de l’Université d’Harvard), Méka BRUNEL (CEO de Gecina), Nicolas DUFOURCQ (Directeur Général de Bpi France), Bertrand DUMAZY (PDG d’Edenred) et Eric LABAYE (Président de l’Ecole Polytechnique).

 

Contact risingSUD: Mathilde MAUVAIS et Louis ARNOULD, Pôle Intelligence Economique22

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